BRUANT PROYER
Définition Bruant Proyer
Un chant sur les champs.
Les champs de blé déroulent sous le ciel d''été leur tapis doré, qui attend d''être moissonné.
Beauce ? Picardie ? Champagne ? Peu importe.
De loin en loin, sur les fils électriques, un bruant proyer mâle chante.
A première vue, il a l''aspect d''un gros moineau au plumage brunâtre et au ventre marqué de stries sombres.
Sa silhouette est lourde.
Son bec est fort.
De temps à autre, le proyer s''envole : on remarque qu''il vole avec les pattes pendantes, ce qui est singulier pour un passereau.
Il va se poser sur le sol, à faible distance.
Lorsqu''il est posté sur un fil électrique, le proyer, comme nous l''avons dit, chante.
Son chant est très caractéristique, et lorsqu''on l''a « dans l''oreille », on l''identifie facilement.
Il se termine en effet en un trille typique, qui évoque le bruit d''un trousseau de clés que l''on agite.
Les proyers mâles ainsi posés sur les fils électriques se livrent à une tâche bien précise : ils surveillent leur harem...
En effet, et c''est là la plus curieuse particularité de cet oiseau, le proyer est polygame.
C''est le seul passereau de nos régions, avec le troglodyte, qui le soit.
Chaque mâle a donc plusieurs femelles et, par suite, plusieurs nids.
Ces nids sont bien cachés dans la végétation.
Ils sont en général à terre, plus rarement, à faible hauteur, dans un buisson.
Ils sont faits d''herbes sèches et autres éléments végétaux.
La ponte se compose de trois à cinq Å“ufs, grisâtres ou brun clair avec des marques sombres.
La femelle — seule, bien sûr — les couve une douzaine de jours.
Les poussins se couvrent d''un duvet beige jaunâtre.
Ils quittent le nid à l''âge de dix jours environ.
Avec l''alouette des champs et la perdrix grise, le bruant proyer est l''un des hôtes les plus typiques des plaines cultivées.
Rendons-lui grâce, en tout cas, d''animer ces lieux Dartois monotones.
