MORUE
Définition Morue
Elle va où vont les eaux froides.
Qui autrefois, dans sa petite enfance, n'a pas connu l'abominable saveur de l'huile de foie de morue? La vitamine antirachitique D est la précieuse contrepartie de ce philtre d'horreur.
La morue est un poisson des eaux froides et salées, une manne sous-marine d'autant plus difficile à arracher aux éléments, que ses moeurs cycliques lui font rassembler ses grandes bandes en hiver, selon les races, sur le Dogger Bank dans les proches parages de l'Is- lande et du Groenland, jusqu'au pied du Spitzberg et autour de l'île des Ours, dans les confins glacés de l'Atlantique Nord et du cercle arctique.
Sa pêche est l'odyssée transocéane, toujours recommencée, des équipages couleur de sel, ceux des dundees, goélettes et chalutiers, qui pêchent soit à la ligne de fond ou à la ligne à main, soit au filet, tous uniformément liés aux rendez-vous de la morue amoureuse et des morutiers accourus de partout.
Ces derniers font chaque année trois à quatre cent millions de prises, une énorme ponction qui ne met pas l'espèce en péril.
C'est dire son extraordinaire fécondité.
Exubérante et prévoyante nature! La ponte s'échelonne, toujours selon les races, de janvier à mars.
Chaque femelle peut mettre à la mer cinq à neuf millions d'?€œufs qui prennent l'apparence d'un fin ruban de brume orangée.
Seuls quelques centaines donneront la vie à des alevins.
Ceux-ci vont par groupes clairsemés, au gré des courants, dans le vaste monde du plancton, pillé par les adultes de toutes espèces, au point qu'ils ne seront que deux ou trois à connaître la vie migratrice de leurs parents.
Ces rescapés feront montre d'une voracité insatiabe (lui ser fatal à d'innombrables vers. crustacés (cra-
bes), mlollusquesa (encoernets) et poissons (surtout le hareng).
