MUSARAIGNE COMMUNE
Définition Musaraigne Commune
Un diablotin des broussailles.
Imaginez une souris singulièrement vêtue de poils rêches, un nez pointu, très moustachu, un ceil piqué, tel un éclat de lumière noire à peine visible entre les poils.
C'est le portrait-profil de la musaraigne commune, aussi répandue dans les plaines que sur les montagnes de l'Eurasie.
Ce tout petit chasseur ne quitte son repaire (le trou abandonné d'un mulot) que la nuit, de préférence après le coucher de la lune.
Son tour de chasse longe les frontières herbeuses des cultures, les lisières des garennes, celles des bosquets, et il fait le tour des clairières.
Forte de ses dents d'aiguilles, la musaraigne chasse le gros gibier (gros par rapport à elle), le lapereau étourdi, le jeune rat des champs à la traîne.
Sa proche cousine, la musaraigne aquatique, présente la même silhouette, à quelques détails près, propres à son adaptation à la nage.
Ses orteils ne sont pas palmés mais frangés de poils durs, et sa queue carénée est légèrement retroussée comme la fine poupe d'une pirogue.
Enfin, sa pelisse est d'un fauve plus foncé, en accord avec les épais fourrés bordiers des marais et des rivières.
Le "rat-araignée" (traduction littérale de son nom) est chez lui sous ces ronciers du bord de l'eau qui, nuit après nuit, le conduisent jusqu'aux colonies des grenouilles, en passant par les caches du jeune râle (endormi) des roseaux.
Vers la mi-mai, la musaraigne (de terre ou d'eau) donne la vie à huit ou dix petits couleur rose-chair.
Souvent, son affection maternelle tourne court (deux ou trois semaines, et encore).
Si le gibier vient à manquer, cette mère au c?€œur de cuir n'hésite pas à en croquer deux ou trois.
De courte vie, quinze à seize mois au plus, la musaraigne meurt généralement de vieillesse à l'automne, comme les feuilles.
