PROTÈLE
Définition Protèle
Voici un des animaux les plus hirsutes, sinon les plus rébarbatifs de l'Afrique sud-orientale et méridionale.
Il a la silhouette typique des hyènes, le dos bossu et l'arrière-train surbaissé, mais cette bosse est habillée d'une crinière de longs poils extraordinaire-ment hérissés.
Certains traits morphologiques (museau en pointe, longues oreilles très écartées) ont incité les zoologues du siècle dernier à voir en lui une grande civette.
Il diffère des hyènes par sa denture et par le nombre de ses doigts.
Les hyènes ont de fortes molaires broyeuses d'os et quatre doigts à toutes les pattes, alors que cet étrange parent a des molaires aussi petites qu'espacées, et un cinquième doigt aux pattes antérieures.
Ce carnassier a mal évolué, car n'est-il pas devenu insectivore, sans renier pour autant sa parenté avec les autres charognards de sa famille ? Il semble avoir du mal à survivre dans un milieu - savane -où tous les prédateurs sont spécialisés.
II fait donc l'objet d'une protection stricte, de la Somalie au Cap.
Tous les coureurs de brousse savent que le protèle ne survient que la nuit, et en cinquième position - après le lion, la hyène, le chacal, le vautour -, sur la carcasse très faisandée d'un grand herbivore tué par un lion ou par des lycaons.
Le jour, il dort dans les décombres de ces châteaux de terre sèche, que sont les nids géants des termites, sa nourriture spécifique.
Nombre de sorciers bantous entretiennent la légende selon laquelle le protèle est un dangereux émissaire des morts.
II rend parfois visite à ces derniers, qu'il a vite fait de déterrer avec ses griffes puissantes, mais ce n'est pas pour leur parler qu'il a d'aussi fortes canines.
