Dhole

(Cuon alpinus)

Le dhole (Cuon alpinus), aussi appelé chien sauvage Asiatique ou cuon d’Asie, est une espèce de mammifère carnivore caniforme de la famille des Canidés. On le trouve dans certaines forêts tropicales et steppes alpines en Asie. Omnivore, il chasse de nombreux animaux mais mange aussi des fruits et d’autres plantes.

Sommaire

Taxonomie du dhole

Classification

  • Règne : Animal
  • Embranchement/sous-embranchement : Chordé vertébré
  • Classe : Mammifère placentaire
  • Ordre : Carnivore caniforme
  • Famille : Canidae
  • Genre : Cuon
  • Espèce : alpinus
  • Nom scientifique : Cuon alpinus

Sous-espèces / taxons

Le nombre de sous-espèces de dhole est controversé (7 à aucune selon les sources). D’après Mammal species of the World, on distingue 3 sous-espèces de dhole :

  • Cuon alpinus alpinus
  • Cuon alpinus hesperius (Dhole de Tian Shan)
  • Cuon alpinus sumatrensis (Dhole de Sumatra)

Cuon alpinus lepturus, Cuon alpinus laniger, Cuon alpinus fumosus et Cuon alpinus adjustus sont également parfois évoqués.

Caractéristiques physiques du dhole

Taille

  • Corps : 75 à 100 cm de long.
  • Garrot : 42 à 55 cm
  • Queue : 40 cm environ.

Poids

  • Femelle : 10 à 17 kg
  • Mâle : 15 à 21 kg

Morphologie et apparence

Le dhole est un canidé de taille moyenne qui ressemble au loup gris et au lycaon. Il possède un corps plutôt long et massif, une longue queue fortement fournie et des pattes puissantes. On le distingue cependant par son museau plus large et plus court que celui de la plupart des autres canidés. Son nombre de dents le différencie également : 42 contre 40, possédant une 7ème molaire inférieure. Ses yeux ronds sont noirs et ses larges oreilles triangulaires et arrondies au bout.

La fourrure de ce carnivore est assez longue et fournie en hiver, plus courte en été. Ce pelage est globalement rougeâtre roux, avec des reflets brunâtres sur le dessus. Sa couleur est particulièrement vive en hiver, et plus terne en été. Sa gorge, sa poitrine, ses flancs et son ventre sont plus clairs, de couleur beige à jaunâtre. Le bout de sa queue est doté de longs poils brun foncé à noirs.

Performances physiques du dhole

Vitesse

En chasse, le dhole peut courir à une vitesse maximale de 48 km/h.

Écologie et répartition du dhole

Aire de répartition

On trouve le dhole en Asie Centrale et Orientale, des montagnes de l’Altaï jusqu’aux étendues forestières plus au sud.

Existant (résident)

Bangladesh ; Bhoutan ; Cambodge ; Chine ; Inde ; Indonésie ; Malaisie ; Myanmar ; Népal ; Laos ; Thaïlande

Présence incertaine

République Populaire Démocratique de Corée ; Pakistan

Potentiellement éteint

Vietnam

Éteint

Afghanistan ; Kazakhstan ; République de Corée ; Kirghizistan ; Mongolie ; Russie ; Singapour ; Tadjikistan ; Ouzbékistan

Habitat

Selon la région, on trouve le dhole dans les steppes et prairies de montagne, les forêts tropicales et tempérées de montagne. Il est observé dans les forêts décidues et mixtes comme dans les forêts de conifères.

https://www.monde-animal.fr/habitat/forets-de-coniferes-temperees/

Régime alimentaire du dhole

Type de régime

Omnivore, à prédominance carnivore.

Nourriture et proies

Les dholes chassent principalement des mammifères, de taille très variable, des rongeurs aux cerfs, et qui diffèrent selon la région. Ils s’attaquent principalement aux chèvres sauvages, aux sangliers, aux lièvres ainsi qu’à plusieurs espèces de cerf (cerf souris, sambar, chevreuil) et de singe (langurs). En meute, il s’attaque même aux gaurs, aux buffles d’eau, aux bouquetins ou aux tapirs de Malaisie. Il mange également des baies sauvages et d’autres plantes (feuilles, légumes), des insectes et des lézards.

Mode de vie du dhole

Vie sociale

Le dhole est un animal très sociable et grégaire, plus encore que le loup gris. Comme la plupart des autres canidés, il vit en meute, qui compte en moyenne 5 à 12 membres, mais des groupes de 40 individus ont aussi été observés. Le terme clan est cependant plus approprié : le groupe entier ne chasse que rarement ensemble. En journée, les groupes se séparent en effet en plus petites unités (3 à 5 individus), correspondant davantage au terme “meute” (groupe d’individus chassant ensemble).

Ce nombre est en effet plus approprié pour chasser, surtout au printemps, période idéale pour la chasse aux faons. Ces groupes sont composés de mâles et de femelles adultes ainsi que de leurs petits. Si une hiérarchie de dominance est présente au sein des clans, les dominants sont peu identifiables physiquement (pas de démonstration de dominance malgré une soumission réelle des autres individus). Les clans sont moins territoriaux que ceux de beaucoup d’autres espèces de canidés. Ils marquent en effet leur territoire avec leur urine, mais les rencontres avec d’autres clans se soldent rarement en affrontement.

Comportement

Les dholes sont des animaux crépusculaires, chassant principalement à l’aube et au crépuscule, rarement aussi la nuit. Ces animaux apprécient tout particulièrement la proximité avec l’eau. Ils se précipitent dans l’eau pour boire et s’y asseoir après un repas, parfois même avant de manger une proie tuée. Ils chassent généralement assez loin de leurs tanières.

Celles-ci, souvent volées aux porcs-épics ou aux hyènes rayées, sont accessibles par une entrée quasi verticale cachée entre la végétation, les roches ou les sols sableux. Plusieurs tanières peuvent être reliées, au point de construire des véritables villes souterraines : le tunnel peut atteindre 30 mètres de long. Parfois entretenues par plusieurs générations, ces grandes cachettes servent aux femelles d’un même clan à élever ensemble leurs petits à l’abri du danger.

Cri et communication

La communication des dholes est assez peu connue. On sait qu’ils utilisent des marqueurs chimiques (urines et fèces) pour communiquer leur présence, et que des attitudes doivent prouver la dominance. Ils possèdent la particularité de ne pas aboyer, mais poussent des grognements, des geignements, des couinements et des sifflements.

Prédateurs et compétition

Les principaux compétiteurs des dholes sont le tigre et le léopard. Ceux-ci peuvent tuer les petits et les dholes esseulés ou par paire. Si en revanche ils sont en meute, les rôles s’inversent et les deux félins deviennent vulnérables. Il arrive en effet de voir des dholes attaquer un tigre ou un léopard, notamment pour lui voler sa nourriture. Les léopards des neiges et les ours bruns peuvent également être chassés par le dhole pour leur voler leur nourriture.

Technique de chasse

Les dholes sont de redoutables chasseurs de groupe. Ils chassent au petit matin ou lors des soirs de pleine lune. Ils choisissent leur cible, puis la traquent sur des distances plus ou moins importantes. Les individus de l’unité de chasse se relaient pour traquer la proie à une vitesse soutenue sans se fatiguer, et la diriger vers un point d’eau pour entraver ses mouvements. Contrairement aux autres canidés, ils ne tuent pas leur proie par une morsure à la gorge.

L’un attrape l’animal par l’avant, tandis que les autres attaquent les flancs pour manger les organes vitaux et tuer la proie à petit feu. Selon la taille, la proie met 2 à 15 minutes à mourir. Pour les proies bien plus petites, le canidé tue d’un simple violent choc à la tête. La relation du clan avec les petits est unique : ceux-ci mangent en premier.

Longévité

L’espérance de vie du dhole est de :

  • A l’état sauvage : 10 ans environ.
  • En captivité : 15 à 16 ans maximum.

Reproduction du dhole

Type de reproduction

Vivipare

Habitudes reproductives

Monogame, apparié à vie.

Maturité sexuelle

Le dhole est sexuellement mature vers 1 an environ.

Période de reproduction

La saison des amours du dhole a lieu de mi-octobre à janvier.

Gestation

60 à 63 jours environ.

Lieux de mise bas

La femelle met bas dans la tanière commune, parfois avec plusieurs autres femelles du groupe. En effet, s’il existe un couple dominant, certaines autres femelles possédant un statut suffisamment élevé peuvent aussi se reproduire.

Nombre de petits par portée

La femelle dhole met bas 2 à 6 petits en moyenne par portée.

Sevrage et croissance

Les jeunes dholes connaissent une croissance très rapide. Ils sont allaités par leur mère pendant 58 jours, âge de leur sevrage. Pendant cette période, celle-ci est nourrie par les autres individus du clan pour ne pas avoir à quitter ses petits. Après cela, les adultes peuvent se relayer pour garder les chiots tandis que le reste de la meute chasse. Les petits sont alors nourris par régurgitation par les adultes, jusqu’à ce qu’ils soient en âge de chasser, vers 6 mois. Ils commencent à sortie de la tanière vers 70 à 80 jours.

Menaces et conservation du dhole

Danger d'extinction (Statut UICN)

Le dhole est un animal en danger (EN) d’extinction selon l’UICN.

Population

Selon l’UICN, le nombre total de dholes adultes vivant à l’état sauvage serait compris entre 949 et 2215 individus. Leur population mondiale est actuellement en baisse.

Menaces

Les menaces pesant sur le dhole sont :

  • Destruction de son habitat naturel à travers la déforestation pour l’urbanisation et l’agriculture.
  • Chasse et braconnage, essentiellement par peur pour le bétail.
  • Introduction de parasites et de maladies à cause des chiens domestiques.
  • Espèces invasives réduisant le nombre de proies du dhole.

Plusieurs mesures ont été prises visant à protéger la population mondiale de dholes :

  • Protection de son habitat et des points d’eau.
  • Lois interdisant la chasse au dhole.

Photos du dhole

Dhole dévorant une proie
Meute de dholes
Dhole (Cuon alpinus)

Vidéos du dhole

Anecdotes sur le dhole

Le dhole possède la particularité d’uriner régulièrement en équilibre sur ses pattes avant, soulevant ainsi ses deux pattes arrière.

Crédits photo :

Rohit Varma [recentrée] (0), shrikant rao (1), Mr. Bird Brain (2), Mike Prince (3)

Références :