Iguane marin des Galapagos

L’iguane marin des Galapagos, ou plus simplement iguane marin, est un lézard appartenant à la famille des iguanes, et seul représentant du genre Amblyrhynchus. Il est le seul lézard au monde qui nage et se nourrit dans l’eau salée. Comme son nom l’indique, l’iguane marin des Galapagos est endémique des îles Galapagos. Il se nourrit exclusivement d’algues marines, qu’il trouve sur les roches sous-marines et côtières. D’après plusieurs études génétiques, il serait en réalité le descendant d’un iguane terrestre qui, bloqué sur l’île et manquant de nourriture, se serait peu à peu adapté à la vie aquatique pour se nourrir.

Malheureusement le réchauffement climatique couplé à certains changements humains sur les îles Galapagos menacent grandement cette espèce, dont les effectifs ont drastiquement chuté ces 20 dernières années. De ce fait, cette espèce unique figure sur la liste rouge des espèces en voie de disparition.

 

Classification scientifique de l’iguane marin des Galapagos

  • Règne : Animal
  • Embranchement/sous-embranchement : Chordé vertébré
  • Classe : Reptile lépidosaurien
  • Ordre : Squamate
  • Famille : Iguanidé
  • Genre : Amblyrhynchus
  • Espèce : cristatus
  • Nom scientifique : Amblyrhynchus cristatus

 

Sous-espèces/taxons de l’iguane marin des Galapagos

On dénombre 11 sous-espèces d’iguane marin des Galapagos, qui vivent quasiment chacune sur une île différente. Elles sont les suivantes :

  • A. c. cristatus (île Fernandina et île Isabela)
  • A. c. godzilla (Nord-Est de l’île San Cristóbal)
  • A. c. hassi (île Santa Cruz)
  • A. c. hayampi (île Marchena)
  • A. c. jeffreysi (île Wolf et île Darwin)
  • A. c. mertensi (Sud-Ouest de l’île San Cristóbal)
  • A. c. nanus (île Genovesa)
  • A. c. sielmanni (île Pinta)
  • A. c. trillmichi (île Santa Fé)
  • A. c. venustissimus (île Española)
  • A. c. wikelskii (île Santiago)

 

Caractéristiques Physiques de l’iguane marin des Galapagos

Taille

La taille est très variable selon l’île où ils habitent, la nourriture y étant plus ou moins abondante :

  • Corps : 12 à 56 cm en moyenne (sans la queue), femelles plus petites que les mâles
  • Queue : 17 à 84 cm de long en moyenne

Les plus grands iguanes marins mesurent 1,70 m, queue incluse.

Poids

Le poids est également très variable, pour les mêmes raisons que les hautes variations de taille.

1 kg (Genovesa) à 12 kg (Isabela) en moyenne, avec un record estimé à 15 kg pour les plus gros mâles

Iguane marin des Galapagos sur une plage de roche volcanique devant la mer

Morphologie et apparence

L’iguane marin est un lézard de taille moyenne, qui possède un corps allongé, une queue longue aplatie verticalement (adaptée pour la nage) ainsi qu’une grosse tête arrondie, surmontée par une sorte de casque composé d’écailles plus dures que le reste de son corps. Il possède une sorte de crête composée d’épines qui s’étend sur tout le long de son corps, du centre du crâne au bout de la queue. Ses pattes (palmées à l’arrière) sont prolongées de longues et grosses griffes. Ses yeux sont noirs.

Iguane marin des Galapagos rouge après exposition au soleil d'Equateur
Iguane marin rouge après avoir emmagasiné de la chaleur

Son corps est entièrement recouvert d’écailles de couleur grise foncée à noire, de la couleur des roches sur lesquelles il passe le plus clair de son temps. Cette coloration est cependant très variable, et change de façon étonnante et régulière. En effet, plus il est exposé au soleil, plus sa peau s’éclaircit et arbore des teintes vives, qui varient selon l’île où il vit. Il peut donc arpenter des teintes allant du vert à l’orange en passant par le rouge (la plus courante) et le bleu vert.

 

Performances physiques de l’iguane marin des Galapagos

Apnée

L’iguane marin reste en moyenne 20 minutes sous l’eau, avant de remonter.

Il remonte cependant à cause de la température trop froide de l’eau : certaines études ont montré que leur apnée maximale est d’environ 1 heure !

Capacité de plongeur

Cet iguane ne se contente pas de nager dans l’eau de mer, mais plonge en plus jusqu’à 15 m de profondeur.

Il est le seul lézard au monde à pouvoir nager en eau de mer.

Iguane marin des Galapagos qui nage dans les fonds marins devant une île pour se nourrir de végétaux aquatiques

Résistance au froid

Etant un animal à sang froid, cela parait au départ étonnant que l’iguane marin des Galapagos puisse plonger dans l’océan glacé. Cependant, il y arrive et peut rester dans l’eau plus d’une demi heure sans mourir de froid. Cela s’explique par le fait que cet iguane se réchauffe particulièrement rapidement au soleil grâce à sa peau parfaitement adaptée pour emmagasiner de la chaleur.

Il est le seul lézard au monde à pouvoir rester dans des zones aussi froides aussi longtemps.

 

Habitat de l’iguane marin des Galapagos

Régions

Amérique du Sud : îles Galápagos (il en est endémique)

Iguane des Galapagos qui se prélasse au soleil devant la mer et les roches

Biotope

L’iguane marin des Galapagos vit sur les plages rocheuses et sableuses, et part nager dans les eaux côtières et peu profondes.

Évolution de son habitat

Le réchauffement climatique entraîne un réchauffement de l’eau trop régulier et accentue les catastrophes naturelles (El Nino), qui coïncide en une destruction de l’habitat naturel qui contient la nourriture de l’iguane marin des Galapagos.

 

Régime alimentaire de l’iguane marin des Galapagos

Type de régime

Strictement herbivore

Iguane marin des Galapagos qui mange de l'algue verte au fond de l'eau

Nourriture

L’iguane marin des Galapagos se nourrit exclusivement de végétaux aquatiques, principalement d’algues vertes et rouges accrochées aux roches sous-marines. Il mange également certaines algues hors de l’eau, sur les littoraux où celles-ci échouent.

 

Mode de vie et comportement de l’iguane marin des Galapagos

Vie sociale

Les iguanes marins sont des animaux très sociables. Ils vivent essentiellement en grands groupes (20 à 500 individus, parfois plus de 1000) sur les plages de sable ou de roche, où ils se chauffent au soleil avant de partir se nourrir en mer. Le fait qu’ils vivent en groupe leur permet de chauffer plus vite, en se regroupant et en se collant les un aux autres pour emmagasiner de la chaleur (et la garder pendant la nuit). Pendant la saison des amours, les mâles deviennent très territoriaux et montrent leur domination à l’aide de mouvements de tête ou se battent, à coups de tête.

Regroupement d'iguanes marins des Galapagos en train de se prélasser au soleil sur des rochers pour se réchauffer

Quelque semaines après l’accouplement, la femelle ira pondre ses œufs dans un grand trou qu’elle creusera dans le sable, suffisamment loin de la mer pour qu’il ne soit pas inondé. Elle protégera son nid et ses œufs des prédateurs, ainsi que des autres femelles qui pourraient déterrer ses œufs en creusant elles-même un trou pour pondre.

Comportement

L’iguane marin est un animal diurne : il vit et se nourrit le jour. En effet, devant plonger en mer pour se nourrir bien qu’étant un animal à sang-froid, l’iguane des Galapagos doit en permanence avoir la possibilité de se réchauffer. Pour cela, il se place au soleil sur les roches des plages et se réchauffe rapidement grâce à ses écailles, qui possèdent une couleur et une composition idéale pour emmagasiner de la chaleur. Une fois réchauffé, il repart en mer pour manger des algues vertes. Pour ne pas se faire emporter par le courant, il s’accroche aux rochers sous-marins à l’aide de ses longues griffes. La nuit, ils dorment tous collés et entassés pour garder la chaleur.

Fait insolite : lors des périodes de pénuries en nourriture, les iguanes marins ont la capacité de réduire la taille de leurs corps, en raccourcissant leurs os, pour pouvoir réduire leurs besoins nutritionnels et survivre. On observe cette particularité principalement lors des épisodes El Nino (courant chaud qui revient vers l’Equateur certaines années), qui réduisent ponctuellement la quantité d’algues vertes disponible et qui leur oblige un jeûne ponctuel. Les petits nés au cours de ces années sont naturellement plus petits que ceux des années normales.

Territoire

Très variable, 1 à 40 m2 pour les plus gros mâles territoriaux.

Prédateurs

L’iguane marin des Galapagos ne vivant que sur les îles des Galapagos, il possède peu de prédateurs naturels. Seul la buse des Galapagos et le serpent des Galapagos (ce dernier est uniquement dangereux pour les œufs et les juvéniles) sont de réelles menaces naturelles pour cet iguane. Les chats sont également des prédateurs, mais non naturels : c’est l’Homme qui les a amené sur les îles.

Longévité

L’espérance de vie de l’iguane marin des Galapagos n’est pas bien définie car elle dépend trop de la taille de l’individu, qui est très variable.

 

Reproduction de l’iguane marin des Galapagos

Maturité sexuelle

  • Femelle : 3 à 5 ans
  • Mâle : 6 à 8 ans

Il arrive que l’iguane marin arrive a maturité plus tardivement, au plus tard à l’âge de 12 ans.

Nombre d’œufs par ponte

Entre 3 et 5 œufs

Taille et poids des œufs

Environ 4,5 cm x 9 cm pour un poids compris entre 80 et 120 g.

Bébés iguanes des Galapagos et leur mère sur le sable de la plage regardant l'eau clair

Taille des petits

A la naissance, les jeunes iguanes marins des Galapagos mesurent environ 20 cm.

Lieu de ponte

Dans un trou creusé dans le sable par la mère, de 50 à 80 cm de profondeur et assez loin de la mer (suffisamment pour ne pas que les nids soient inondés lors des marées).

Nombre de ponte / an

1 ponte, une fois tous les deux ans pour chaque femelle

Gestation

La femelle pond ses œufs environ 1 mois après l’accouplement (souvent en septembre)

Couple d'iguane marin des Galapagos lors de l'accouplement et en train de se réchauffer

Durée d’incubation

Environ 3 mois

Période de reproduction

La saison des amours a principalement lieu lors de la saison chaude, soit entre décembre et avril.

 

Menaces et conservation de l’iguane marin des Galapagos

Danger d’extinction

L’iguane marin des Galapagos est un animal vulnérable (VU) selon l’UICN.

Menaces

Les menaces pesant sur l’iguane marin des Galapagos proviennent en grande partie de l’Homme, mais également de facteurs naturels extérieurs. Les principales :

  • Réchauffement des océans qui coïncide en une réduction de la quantité d’algues vertes lors des catastrophes naturelles comme El Nino
  • Introduction de prédateurs non naturels sur les îles par l’Homme : les chats

Populations

On recense environ 50 000 individus vivant à l’état sauvage.